Bipolarité et hygiène de vie


Pour commencer, sachez que je suis comme vous, c’est-à-dire bipolaire moi-même. Donc, je ne suis pas médecin, mais je partage avec vous ce que j’applique dans ma vie quotidienne pour mieux vivre ma bipolarité. Je dis ceci, car en fin de page, je parle de compléments alimentaires qui peuvent vous aider à avoir plus d’énergie et à vous sentir mieux. Je vous livre ma propre expérience et sachez que j’obtiens de très bons résultats.

Cependant, il n’y a pas que les compléments alimentaires. Il y a toute une hygiène de vie à avoir pour éviter les rechutes et mieux vivre sa bipolarité au quotidien. Cette maladie peut être handicapante. Sachez de mon côté que je suis reconnue comme ayant un handicap dans le pays où je réside (Belgique) et que du coup, j’ai des revenus de remplacement parce que je ne suis pas apte à travailler.

Certes, plus à temps plein comme ce fut le cas par le passé (et encore…). Toutefois, je le vis avec et aujourd’hui, je me porte bien. Aussi, il me semblait judicieux d’écrire cette page, pour vous qui êtes atteint d’un trouble bipolaire. Pour partager avec vous ma propre expérience qui fait qu’aujourd’hui, je me sens beaucoup mieux.

 

Le traitement

 

Tout commence par là. Tout d’abord, il est important de trouver un bon psychiatre qui ne va pas vous abrutir à coup de médicaments. C’est mon cas. Il m’a fallu trouver la bonne psychiatre et j’avoue que par le passé, je suis très souvent tombée sur des psychiatres qui me donnaient plus de médicaments que mon corps ne pouvait supporter.

Avoir le bon traitement au bon dosage est capital. Aussi, si vous vous sentez trop chaos avec votre traitement et que votre psychiatre refuse de diminuer les doses (pire, ajoute des médicaments), je vous recommande vivement d’en chercher un autre.

Il faut savoir que vous devez avoir une collaboration thérapeutique avec votre psychiatre. Vous devez vous sentir en confiance et vous devez être entendu. Que ce soit par rapport à votre traitement, l’impact qu’il a dans votre vie, mais aussi pour tout le reste dans votre vie.

Certains psychiatres ne sont là que pour renouveler l’ordonnance là où d’autres s’intéressent davantage à leurs patients. Donc, de ma propre expérience personnelle, je vous invite à trouver le psychiatre qui vous convient pour définir un traitement qui vous est propre et qui vous convienne vraiment.

Maintenant, parlons du traitement à proprement parler. Il faut :

  • Respecter le dosage : chez le bipolaire, il s’agit d’un traitement de fond. Donc, les médicaments agissent sur le temps. C’est le cas des stabilisateurs de l’humeur. Il y a des médicaments d’appoint comme les anxiolytiques ou les somnifères qui agissent sur le moment même.
    Quoi qu’il en soit, revoyez le dosage avec votre psychiatre si nécessaire, mais respectez le dosage indiqué.
  • Prendre les médicaments aux mêmes heures : le corps est soumis à un biorythme. Il y a le cycle circadien qui est le cycle veille-sommeil. Certains médicaments doivent être pris le matin et d’autres le soir. Donc, respectez les heures et mettez une alarme sur votre téléphone pour prendre aux heures indiqués.
    C’est important pour que votre traitement fonctionne correctement.
  • Vérifier son traitement avec son psychiatre : comme je l’ai indiqué, le traitement pour le bipolaire se divise sur le traitement de fond et le traitement d’appoint. Si les dosages semblent trop lourds (effets secondaires, fatigue, somnolence diurne…), parlez-en avec votre psychiatre, car le traitement se contrôle tout le long de l’année.
    En tout cas, c’est mon cas.
  • En cas de souci, contactez votre psychiatre : comme je l’ai écrit plus haut, il est important d’avoir une collaboration thérapeutique avec son psychiatre et pouvoir lui téléphoner en cas de problème.

 

Les besoins primaires

 

Chez tout le monde, respecter ses besoins primaires est capital pour vivre sereinement. Chez le bipolaire, ça l’est davantage. Il est important de bien respecter tous ses besoins et d’éviter de mener une vie où il n’y a pas de bonne hygiène de vie.

  • Boire, manger et dormir : fournir au corps l’énergie dont il a besoin et passer de bonnes nuits de sommeil est très important. Un régime ? Parlez-en à votre médecin. Certaines carences peuvent vous fragiliser. Des nuits trop courtes et la sensation de ne pas s’être entièrement bien reposé ? Cela peut provoquer une rechute maniaque ou dépressive.
    Il est important de bien boire, manger et dormir. Comme je vous parlais des rythmes biologiques, vous comprendrez qu’il est important de manger aux mêmes heures (de préférence) et surtout d’avoir une routine de sommeil. Allez vous coucher à la même heure tous les soirs. Éteignez vos écrans (smartphone, tablette, pc) à partir de 21 heures. Les écrans renvoient une lumière bleue qui maintient éveillé. Donc, il est nécessaire pour bien s’endormir et bien dormir de laisser les smartphones et autres de côté à partir de 21 heures.
  • Se ménager et se reposer : avec les médicaments et la maladie en soi, le bipolaire a besoin de se ménager et de se reposer. Surtout aux moments où il en ressent le besoin. Le stress et l’hyperactivité sont mauvais pour lui.
    Je sais que nous vivons dans un monde stressant et malheureusement, cela peut avoir des répercussions sur les troubles de l’humeur. Donc, il faut se ménager et avoir des périodes de repos dans la journée.
    Dans les pays du Sud, les gens sont habitués à faire une sieste tous les après-midi. Faites-en de même. Si vous ne dormez pas, faites une séance de relaxation ou de méditation pour que votre cerveau puisse reprendre des forces et votre corps retrouver de l’énergie.

 

Les compléments alimentaires

 

Certains médicaments, comme les neuroleptiques, tendent à diminuer des neurotransmetteurs dans le cerveau. Pour les neuroleptiques, c’est la dopamine qui est réduite. Pour les anxiolytiques, c’est le GABA qui n’est plus synthétisé vu que les benzodiazépines se captent sur les récepteurs GABA.

Les stabilisateurs de l’humeur, quant à eux, n’impactent pas le taux de neurotransmetteurs, mais calment l’activité du système nerveux central.

De mon côté, je prends des neuroleptiques le soir au lieu de benzodiazépines. Aussi, je sais que ça diminue mon énergie et me provoque de la fatigue (et aussi une certaine léthargie dans mes journées) parce que c’est la dopamine qui est impactée.

Encore une fois, je le répète : je ne suis pas médecin. Donc, je vous livre mon expérience personnelle vu que je prends des compléments alimentaires et que ça fonctionne très bien chez moi.

Voici des compléments alimentaires qui peuvent aider :

  • Magnésium : le magnésium n’a pas d’incidence sur le traitement et beaucoup de personnes en prennent parce qu’il est indiqué en cas de fatigue et en cas de crampes musculaires. Depuis que j’en prends tous les jours, je me sent mieux et moins fatiguée. Il faut vérifier le bon dosage avec un médecin ou un pharmacien qui saura vous conseiller.
  • Les vitamines : pour que le magnésium et les deux autres compléments alimentaires que je vais vous présenter agissent, des vitamines sont nécessaires. Pour le magnésium, il faut de la vitamine B6 pour qu’il puisse être utilisé par l’organisme. Donc, je prends aussi des vitamines le matin avec mon magnésium. De plus, une cure de vitamines aide aussi à avoir une meilleure forme. Pas de souci avec le traitement.
  • La tyrosine : la tyrosine est le précurseur de la dopamine (la molécule de la récompense et de l’énergie). En fait, quand on prend de la tyrosine en complément alimentaire, cet acide aminé se synthétise en dopamine. Donc, le taux de dopamine tend à augmenter dans le cerveau. Il faut des vitamines du groupe B, car ce sont les cofacteurs de la tyrosine.
    Pour le dosage, c’est 1500 mg le matin à jeun et attendre une demi-heure avant de déjeuner.
    Vérifiez avec votre psychiatre s’il n’y a pas d’interactions médicamenteuses avec votre traitement.
  • Le tryptophane : c’est le précurseur de la sérotonine, neurotransmetteur responsable de la dépression en cas de déficit ou de phase maniaque en cas de surabondance dans le cerveau. Cependant, la sérotonine est aussi le précurseur de la mélatonine.
    Donc, certaines personnes prennent du tryptophane, car ça aide à mieux dormir. On peut aussi dire que le tryptophane est un antidépresseur naturel, mais qui est tout de même insuffisant en cas de dépression avérée.
    Attention ! Avec ce complément alimentaire, ne le prenez jamais si vous avez un antidépresseur de type ISRS ou IRSS parce que ça provoque un choc sérotoninergique. Donc, vigilance et parlez-en avec votre psychiatre.
    Le dosage est de 1000 mg à 16 heures (ou 17 heures) et 1000 mg au coucher. Il faut des vitamines du groupe B comme cofacteurs.

Voilà ! J’espère que tout ceci a pu vous aider. En attendant, prenez bien soin de vous. C’est la première clé pour mieux vivre sa bipolarité.

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