Pensées d'une vénusienne

Les nouvelles technologies

N’avez-vous pas l’impression que votre vie est plus stressante ? Êtes-vous du style à scroller à longueur de journée sur votre téléphone ? Avez-vous de multiples écrans même si vous n’en utilisez qu’un seul ?

Et si vous êtes jeune, savez-vous ce qu’est la vie sans smartphone et sans Internet ?

Dans cet article, je fais une réflexion à partir de mes propres observations et aussi à partir des échanges que j’ai avec des personnes que je croise sur mon chemin de vie sur Terre.

J’ai connu la vie sans Internet, sans téléphone portable, sans tablette et même sans PC. Non, je ne viens pas d’une autre planète, ni de la forêt amazonienne. Non, je ne suis pas restée plantée au milieu du centre ville en clamant haut et fort que je n’utiliserai pas ces technologies.

Non, je suis juste née en 1980 et j’ai grandi sans tout ce qui nous définit aujourd’hui en tant qu’êtres civilisés.

Enfant, nous n’avions pas d’ordinateur à la maison. Les seules technologies étaient un téléphone fixe accroché au mur, avec un disque qui tournait pour faire le numéro (je vous dis pas le temps pour former le numéro, mais à l’époque, on avait le temps), une TV et peut-être un tourne disque vinyle 33 et 45 tours.

Sont apparus les CD, les lecteurs CD et il existait encore bien les cassettes pour écouter de la musique dans son walkman (ancêtre du mp3). Oui, je suis vieille. Je dirai un proverbe africain : quand une vieille personne meurt, c’est tout une bibliothèque qui est brûlée. Mais, je ne suis pas encore morte tout en reconnaissant que du haut de ma quarantaine, je commence à appréhender la vie.

Lorsque les téléphones portables sont apparus, j’entrais à l’université. Nous étions tous tellement fous de joie. Pourtant, ils étaient très basiques par rapport à un smartphone. Nous pouvions juste téléphoner, envoyer un SMS et consulter son répondeur.

C’est tout !

Mais, j’étais folle de joie et le monde avec moi. Juste le fait de pouvoir s’appeler de n’importe où, quand on veut et où l’on veut nous donnait l’impression d’avoir, nous aussi, à l’instar des astronautes, été un peu sur la Lune.

Peu à peu, la technologie s’est développé à grande vitesse, les entreprises se volant les idées (pour info, Apple est maître dans l’art de voler les idées des autres et ensuite de les revendre comme étant les leurs), le monde tournant plus vite, la société qui s’accélère et voilà que la mondialisation fait que nous sommes tous connectés (du moins via des écrans) et à la pointe d’une technologie qui ne cesse de nous dépasser.

Je ne m’en suis pas rendu compte tout de suite. J’étais dans l’euphorie de la découverte et de l’expérimentation de ce qu’il n’a jamais existé dans l’histoire de l’humanité. Les nouvelles technologies ont envahi nos vies. En nous apportant une vie que l’on croît plus simple, mais tellement plus compliqué. Les jeunes et les enfants sont nés et grandissent avec tablettes et smartphones (sans oublier TV et PC). Je le vois bien avec mon fils : OK, il joue dans la cour de récré, mais pour lui, s’amuser vraiment égale Nintendo et jeux sur smartphones.

J’ai commencé à être friande d’applications en tout genre censé me rendre plus heureuse et plus productive. Je prenais des abonnements à des applications quand j’estimais nécessaire (ce qui veut dire très souvent) pour méditer, planifier ma journée, communiquer, lire des e-books, et j’en passe. Peu à peu, comme vous, j’étais là à scroller sur mon téléphone à longueur de temps, sans compter toutes ces minutes que je donnais à Facebook et Google.

Toujours à rechercher une info. Toujours à liker les posts et à poster toute ma vie dans ses moindres détails. Et peu à peu sont apparus des problèmes que je n’avais pas enfant : migraines, fatigue chronique, stress permanent, sentiment de devoir faire mille trucs en même temps et tout le temps, difficultés à m’endormir, nuits parfois très courtes… je n’ai fait le lien de ces problèmes avec l’usage de mon téléphone qu’après avoir été une semaine en Turquie pour justement décompresser.

Le dernier jour (j’y suis allée juste une petite semaine), je réalisais que tous les jours précédents, je prenais moult photos et vidéos pour en mettre plein la vue à mes amis sur Facebook. Alors que j’étais assise face à la mer, les pieds dans le sable, je me promettais de ne pas prendre pour ce dernier jour des photos et vidéos pour obtenir des like sur mon mur.

Je me suis même forcée à éteindre mon téléphone tout le temps où je flânais au bord de l’eau tandis que le soleil illuminait cette petite ville d’Antalya que je n’ai découvert qu’au travers de mon téléphone vu que c’était moi qui prenais des photos jusqu’à en oublier ce que je prenais en photos. Quelle ne fut pas ma surprise de réaliser que cette auto-interdiction me faisait suffoquer ! Oui, je me sentais mal parce que je ne pouvais pas prendre de photo du cocktail que je dégustais à ce bar lounge au bord de la mer et le partager sur Facebook !

Bien sûr, je vous vois déjà dire : ah ben t’es une accro de ton téléphone ! Mais, ce n’est pas mon cas ! Je vous arrête : c’est le cas de 90 % de tous ceux qui utilisent un téléphone, sauf qu’ils ne le savent pas.

C’est là, après cette très longue introduction, que j’en viens à ceci : nous n’avons pas besoin autant que nous le faisons de ces technologies, alors elles nous utilisent et ce n’est plus nous qui les utilisons.

Ce recul que je me suis imposée m’a conduit à quitter Facebook et son lot d’emmerdes en tout genre. J’ai fait une cure de désintoxication numérique comme un héroïnomane fait une cure pour arrêter l’héro. Cependant, pas de signes de manque physique dans mon cas, mais une sérieuse remise en question de l’intérêt de ce téléphone qui est né après moi et de nombreuses prises de conscience.

Nous sommes extrêmement stressés, car les applications, les logiciels, la connectivité perpétuelle autour de nous, nous conduit à devoir traiter un plus grand nombre d’informations que notre cerveau n’est programmé pour le faire. Les recherches en neurosciences dans l’impact des écrans sur notre cerveau le prouvent.

Des reportages sur YouTube le démontrent et les scientifiques continuent leurs études tout en arrivant à la même conclusion : les nouvelles technologies sont très stressantes, car nécessitant notre attention perpétuelle, nous forçant à répondre aux mails, appels, messages immédiatement, nous accaparent avec les milliers de notifications en tout genre (sachant que la plupart du temps, ces notifications sont inutiles) et nous avons un mode de vie plus stressant que jamais par le passé.

Et la solution ? Je ne l’ai pas pour vous-même même si je souhaite apporter des éléments de réponse dans cet article (tel est son humble objectif).

Tout d’abord, tout est une question de mode de vie. Sachez que vous ne maîtrisez qu’une seule et unique chose sur Terre : votre pouvoir de décision. À part ça, rien ne vous appartient (et ça mérite un autre article).

Donc, voici deux clés importantes pour appliquer des changements en fonction de vous et de votre vie :

• Revoyez tout ce qui vous stresse dans votre mode de vie et dans votre mode d’utilisation des technologies (smartphone, tablette, PC et TV).
• Prenez une décision en tenant compte de ce qui est bon pour vous.
• Faites ce qui est bon pour vous.

Exemples :

• Les notifications des réseaux sociaux vous stressent ? Revoyez dans vos paramètres les applications que vous autorisez à émettre une notification et à chaque fois que vous êtes embêté par une notification, c’est qu’elle n’est pas importante. En réalité, quand une information est vraiment importante, vous n’êtes pas importuné d’en être informé.
• Vous avez un travail important à faire ou souhaitez simplement vous détendre ? Éteignez complètement votre téléphone ! Si les gens râlent de tomber sur votre répondeur, rétorquez-leur que le répondeur a été créé pour qu’on y laisse des messages lorsque la personne est injoignable.
• Les réseaux sociaux vous pourrissent la vie en réalité ? (il n’y a que vous qui puissiez le savoir en vous écoutant et en vous observant). Faites une détox numérique.
• Revoyez toutes les applications que vous utilisez et voyez si ce sont elles qui vous utilisent ou l’inverse. Pour le savoir, demandez-vous si c’est vous qui avez sciemment et volontairement ouvert l’application pour y faire quelque chose de précis ou si c’est elle qui s’ouvre ou vous envoie une notification.
• Testez une détox numérique sur trois semaines au moins afin de tirer vos propres conclusions.

Phrase clé : Le monde ne cessera pas de tourner si votre téléphone est coupé.

Ensuite, que faire de ce temps libre ? Je me souviens qu’enfant, je jouais à la corde à sauter, à la marelle et pas sur un smartphone comme mon fils aujourd’hui. Je me souviens que j’enterrais les poissons morts de cet étang du grand quartier où j’habitais, qu’il y avait des plaines de jeux et que les buissons et les arbres étaient un terrain de jeu plein de magie et de découverte.

Je me souviens qu’adolescente, j’aimais écrire dans des carnets bien décorés textes et poèmes, que j’allais à la bibliothèque et y restais des heures pour dénicher mes prochaines lectures en humectant l’odeur des livres vieillis. Je me souviens qu’adolescente, je voyais mes amies le samedi après-midi et que nous avions des heures pour nous raconter des conneries, rire, boire un verre ensemble, sans avoir besoin d’utiliser un téléphone pour faire tout ça.

Que faire de ce temps si vous mettez de la distance avec les écrans ? Certainement ce que vous n’avez pas le temps de faire, mais que vous avez toujours désiré faire.

Le choix est entre vos mains.

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