Pensées d'une vénusienne

Rien ne nous appartient

Il se peut que cet article soulève des questions ou une autre vision des choses chez vous. Alors, moi qui aime la communication, je vous invite à laisser des commentaires, à me dire comment vous voyez les choses, comment vous pensez, partager vos idées avec moi dans cet article.

Longtemps et encore parfois, j’ai cette envie de posséder une maison rien qu’à moi, qu’il soit affiché propriétaire sur une carte de visite ou mon mur Facebook, d’avoir tel ou tel truc. Je ne vais pas parler de la société de consommation dans cet article, société basé sur l’échange de choses que nous ne créons pas (on ne fabrique pas son sac, son téléphone ou sa TV, mais on l’achète).

En tant qu’espèce, nous n’avons pas toujours fonctionné ainsi. Si l’histoire nous trace les objets religieux échangés, que l’argent a été créé pour permettre l’échange de biens créés par nos petites mains, les hommes construisaient la plupart des objets de leur quotidien : maison, laine, pulls, écharpes, etc. et ils vivaient de ce qu’ils produisaient. (légumes, élevage d’animaux, etc.)

Cela venait du fait que les échanges sur de longues distances étaient très laborieux et parce que nous n’avions pas besoin de tant de choses que c’est le cas aujourd’hui. On a vu apparaître peu à peu une société basée sur la consommation. Déjà au 19ème siècle, les colonies permettaient aux pays colonisateurs (pour ne pas citer la France ou l’Angleterre) de ramener des objets et des épices venus d’ailleurs. Il était de bon goût de posséder ce qui venait de l’autre bout du monde.

Peu à peu, posséder est devenu plus qu’une simple nécessité : une reconnaissance de sa classe sociale, de ses richesses, de son être, de sa personnalité. Les objets ont rempli plus de rôles que nécessaire et je croyais, moi née au 20ème siècle, que je pouvais tout posséder à condition d’en avoir les moyens financiers.

Et j’en oubliais l’essentiel… cet essentiel m’est venu, revenu me frapper en plein visage à la mort de ma mère.

Elle avait économisé toute sa vie. Elle se privait pour mettre de côté. Elle était propriétaire de sa propre maison, avait déménagé dans un appartement et voilà que trois mois après, je la retrouve dans le coma. Un coma qui l’a tué au bout d’un mois.

Alors que je m’accrochais pour ne pas sombrer dans la folie, la dépression ou la drogue tandis qu’elle mourait de jour en jour, mon être tout entier semblait basculer. Comme si tout ce que j’avais cru, fait et agit n’était qu’une illusion.

Il fallait s’accrocher. Ne pas sombrer de nouveau dans la cocaïne. Non. Rester abstinente. Traverser cette tempête que l’on appelle deuil. Ne pas mourir moi non plus et accepter toutes ces rivières de larmes qui peuplaient mes nuits et mes soirées.

Tenir le coup en journée même si la dépression avec un grand D me guettait à chaque instant ou s’abattait sur moi un temps que je croyais à jamais l’infini.

Un an s’était presque écoulé et nous voilà, mes sœurs et moi, devant le notaire. Quelqu’un voulait acheter l’appartement de ma mère. La vente devait se conclure et le lendemain, je touchais mon héritage. Tandis que le notaire parlait, j’étais suspendue dans le temps. Voici la vie de ma mère qui défilait sous mes yeux. Elle n’était plus là et rien ne laisserait plus entrevoir son passage sur Terre après la signature des actes notariales.

Ses objets sont partis après son enterrement. Ses comptes ont été clôturés. Son appartement a été vendu. Ses factures, payées et son existence auprès des entreprises d’eau, de gaz et d’électricité, disparue.

Elle restait juste dans mon cœur et celui de ses proches et enfants. C’est alors que l’ayant vu économiser toute sa vie, acheter toute sa vie, j’ai réalisé que rien ne nous appartient.

Prise dans un brouillard interne dont la lueur d’une pensée me montrait le chemin, j’ai fait le point et j’en suis venue à la conclusion qu’à part la décision, rien ne nous appartient.

Nous n’avons qu’une seule chose en notre plein pouvoir : le choix.

Personne n’a choisi à ma place d’arrêter la cocaïne. Personne ne pouvait choisir à ma place de protéger ceux que j’aime de mes affres et tempêtes. Personne ne peut choisir le sac que je vais acheter, ni la nourriture que je vais manger.

La nourriture partira car viendra le moment où mon corps ne sera plus qu’un tas de poussières au fond d’un cimetière. Comme ma mère.

Les objets que je cumule m’appartiennent maintenant mais rien à part le choix ne m’appartient indéfiniment.

C’est la seule richesse que nous avons tous : le pouvoir de décision.

J’attire votre regard dessus parce que les entreprises le savent et donc, ils vous pousseront toujours à choisir leurs smartphones, leurs TV, leurs viandes, leurs objets dans cette société qui se veut être surtout de consommation.

Choisissez ce qu’il y a de mieux pour vous, car ça, personne ne peut vous l’enlever. Alors, choisissez bien, ce qu’il vous convient et n’écoutez pas les autres. Ils ne sont pas vous.

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